Chronique #9 : La robe qu’elle voulait

C’est l’histoire de deux sœurs, une toujours en retard et accro à la couture, l’autre très en avance et férue de mode. Mauvais timing, quoi que…

Il y’a environ 10 ans ma petite sœur repérait une robe chez Nafnaf, robe qu’elle m’a demandé de lui refaire en me la décrivant, en me parlant de sa coupe et de son tissu. A cette époque je commençais tout juste mes cours de couture, je débutais, balbutiais et essayais de me dépatouiller avec les règles de bases. Mais comme je n’aime pas dire non, j’ai accepté de lui refaire, flattée de sa confiance. Je suis partie en quête du tissu parfait au marché Saint Pierre. Je suis revenue avec un coupon de coton rose foncé. Et dès le début nous nous sommes dirigés vers une catastrophe. Le rose n’était pas dans le bon ton, le tissu était trop épais et rigide, le coupon était trop petit, je n’avais pas acheté de bobine de fil rose, n’y de zip… Mais qu’a cela ne tienne, je me suis entêté, j’ai réfléchi à une solution pour pouvoir enfiler la robe sans poser de zip. Mauvaise idée puisque cela a modifié la coupe évidemment …

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J’ai coupé le tissu par terre dans ma chambre, sans patron, sans mannequin, sans mesures (rire) sans rien à part mon égo. Et puis après cette coupe hasardeuse, peu précise et qui ne tenait pas compte des propretés, j’ai commencé à coudre la robe. Tenez-vous bien, j’ai utilisé un fil noir puisque je n’avais que celui-là sous la main. Fatalement au bout d’une heure et de trois ou quatre morceaux assemblés, je me suis rendue à l’évidence, cela ne marchait pas. J’étais en train de coudre un chiffon et de massacrer le rêve de ma petite sœur.

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Cette robe rose foncé est resté un sujet de fou rire absolu avec ma sœur, on en parle souvent, et elle est d’ailleurs toujours dans la cave de nos parents. Tel une relique, un objet maudit que l’on oserais jeter. Depuis plus de 10 ans je n’avais donc plus jamais réessayé de coudre pour elle. Mais la petite maligne voulait un seul cadeau de ma part pour son 24ème anniversaire, vous devinez ? Dans le mille, une robe… Piégée, coincée, et surprise je me suis dit qu’il fallait vaincre ensemble cette histoire d’enfance.

Mais la robe rose et sa malédiction n’avaient pas dis leur dernier mot. Nous avons choisi un patron sur un site Américain ensemble, une fois celui-ci reçu, déplié, analysé je me suis rendu compte que nous avions acheté un modèle destiné aux tailles 48-58, impossible de le réajuster sans beaucoup de travail à son petit 36. Mauvaise pioche, nous avons donc poursuivit notre quête du modèle parfait, simple, féminin et raffiné. Une fois le deuxième patron reçu j’ai monté ma toile en 36, tout en repensant à cette fichue robe rose foncée. La toile me paraissait très grande, trop grande, une fois enfilée je me suis rendue compte qu’elle m’allait. Nous avons fixé un essayage avec ma sœur pour repositionner toutes les lignes. La toile était fin prête et entre temps j’avais trouvé le tissu parfait un voile de coton souple orné de fleurs délicates. Cette fois je n’avais pas oublié le zip n’y la bobine de fil banc.

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Quelques heures de couture plus tard, le modèle a pris forme. C’est celui que vous voyez sur les photos aujourd’hui, porté évidement par la plus merveilleuse de toutes les sœurs. Cette histoire de robe rose foncée est maintenant derrière nous, mais je tenais à vous conter notre histoire. La couture n’est pas innée, elle s’apprend et une fois que les règles de bases sont acquises, tout le monde peut réussir à coudre. Il faut laisser le temps au temps et ne pas désespérer, ces petits échecs construisent notre bagage. Si vous hésitez encore à vous lancer, à essayer, n’hésitez plus, investissez dans un patron, un tissu adapté (sans oublier les fournitures) et lancez-vous. La couture est un loisir incroyable, c’est promis.

Si vous avez-vous aussi des histoires de vos débuts en couture, n’hésitez pas à me les écrire dans vos commentaires.

A très vite, Justine.

6 Comments

  1. Quelle drôle d’histoire! Moi aussi ma soeur m’a demandé de nombreuses fois des créations de ma part… Je me suis lancée à peine le mois dernier!
    Elle a été ravie, comme la tienne !

    Article très mignon 🙂

    1. Coucou Marie, ah la la nos petites sœurs… Premières victimes des âmes créatives 😂 As tu un compte instagram pour que j’aille voir tes cousettes ? À très vite

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