Chronique #12 : Mon manteau rose, ou comment je me suis réconciliée avec le féminisme

Voilà un article que j’aurai bien eu du mal à écrire. Difficile écriture, car je voulais un texte drôle et positif sur un sujet avouons-le un peu délicat. Aujourd’hui je voudrais vous parler de féminisme. Ma relation avec ce mouvement, mais aussi et surtout mes expériences qui m’ont permises de forger mes propres opinions. Longtemps j’ai cru que le féminisme faisait parti de moi puisque par définition je suis une femme. Haha quelle belle erreur § Il est bien plus une idéologie qu’un habit que l’on revait en fonction de son sexe. Un homme peut-être féministe à contrario de certaines femmes par exemple (mais ça j’ai mis plusieurs années à le comprendre).

Comme la plupart d’entre vous, mon premier repère féminin a été ma mère. Cette femme forte, porteuse de valeurs au caractère affirmé et défenseuse absolue de la condition de la femme dans notre société. J’ai grandi avec l’idée que la femme est l’égal de l’homme mais qu’elle aura toujours besoin d’en faire plus. C’est cette éducation libérée qui je pense m’a donné ce brin d’impertinence qui me caractérise. A 15 ans, j’ai commis mon premier acte contre le patriarcat. C’était l’été, j’étais en vacances chez mes grands-parents. Nous venions de terminer le déjeuner, il faisait chaud.

Je me souviens encore avoir traversée les pièces de leur imposante maison à la recherche de mon grand père pour lui demander d’aller aider ma grand mère à débarrasser la table. Comme vous pouvez-vous en douter il ne l’a pas fait… malgré tous les arguments que je lui ai dit, son regard, son intensité à ce moment là m’électrise encore aujourd’hui. Il semblait se demander : « mais qu’est ce que c’est que cette génération ? » Pépé cette génération c’est la révolution ! Ce qui peux sembler être une action anodine, qui s’est soldée par un échec n’en est pourtant pas une. Je suis allée en frontale du patriarche et je l’ai interpellé sur ce qui lui semblait un acquis.

Et c’est exactement ça qui me plaît dans le féminisme : le débat. Je ne suis pas une femme de terrain mais une adepte de la parole. Argument après argument j’aime montre une autre approche, écouter et répliquer (évidemment).

Dernier épisode de vifs échanges en date, la soirée du 31 décembre. Vers 4H du matin, le moment où l’on refait le monde… j’étais en retrait sur un sofa lorsque j’ai rendu une oreille, interpellée par les mots que j’entendais un peu plus loin. En moins d’une seconde j’étais assise près de ceux qui émettaient une théorie plus que fumeuse à propos des femmes qui occupent des postes à hautes responsabilités. Je prends part au débat et me fait rapidement rembarrée à coup de phrases pré faites. « Oh tu es féministe, laisse tomber on ne pourra pas parler avec toi. » Je fais ma mine boudeuse mais ne me démonte pas pour autant et tacle avec humour phrase après phrase, cliché après cliché. Je rentre en jeu, défends mes idées et propose une autre vision de l’histoire et finalement convaincs une ou deux personnes présentent (petite victoire mais victoire quand même).

Tout ce texte pour vous avouer que j’ai mis beaucoup de temps à me forger mon opinion sur le féminisme, ma féminité et sur ma place de femme dans la société. Et quoi de mieux qu’un joli manteau rose pour vous raconter tout ça ?

Et maintenant passons à Garance, le manteau classique et indispensable du vestiaire proposé par la marque « le laboratoire familial. » D’une élégance sobre et discrète j’ai tout de suite craqué sur sa coupe et ses lignes. J’ai lu beaucoup d’articles de couturières l’ayant déjà cousu et j’ai apporté des modifications en conséquence. Je me suis focalisée sur les poches. J’ai agrandi les passepoils afin de pouvoir glisser mes mains à l’intérieur, tout en rajoutant un rabat arrondi pour le côté joli détail. J’ai également retravaillé la forme et les dimensions des fonds de poches. Pour la fermeture j’ai opté pour un seul bouton, tout simplement car je n’en avais qu’un comme celui-là. Et puis c’est tout !

J’ai été un peu surprise par l’assemblage des manches car il y a énormément d’embu mais finalement une fois monté cela tombe très bien. C’est la première fois que je cousais des épaulettes, et en faite c’est super simple. J’avais une grosse appréhension sur cette étape (au point même de me persuader que cela n’était pas nécessaire), mais finalement ça s’est très bien passé et le rendu est magnifique. Les épaules ainsi structurées sont misent en valeur. C’est une étape que je n’hésiterais pas à refaire lors d’une prochaine cousette de grosse pièce.

Il est vrai que les explications du livret sont un peu succinctes et mériteraient d’être étoffées sur certaines étapes (notamment la pose de la doublure où un schéma aurait été le bienvenu). Mais aidé de deux/trois tutos sur Youtube je n’ai pas eu trop de difficulté. J’ai coupé une taille 42 (la plus grande taille de la planche), alors que je fais un 38 mais c’est parce que je voulais pouvoir porter un pull dessous. Attention tout de même ce modèle taille petit !

La laine mohair provient de chez Sacré Coupon (encore et toujours) c’est un tissu Chloé acheté 38€ les trois mètres. Je suis repassée à la boutique courant janvier et il restait encore quelques coupons de ce lainage. La doublure elle aussi provient de chez Sacrés Coupons et m’a coupé 27€ les trois mètres. Pour éviter toute surprise j’ai lavé et repassé entièrement mes tissus avant de les couper.

Voila pour ma version de Garance, un joli intemporel qui me permet de porter une couleur fraîche en hiver.

Crédit photo : Virginie Zilbermann (merci pour ce déjeuner et ce shooting <3)

Je vous embrasse.

2 Comments

  1. Ton manteau est vraiment canon, tu as bien fais d’agrandir les poches car ce manteau a la réputation de les avoir très petites. Il tombe très bien sur toi 🙂

    1. Hello Laurène, merci pour ton doux commentaires ♥️ En effet j’adore ce manteau c’est mon chouchou de l´hiver

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